
Des valeurs de référence
« On parle d’anémie quand le taux d’hémoglobine est inférieur à 13 grammes par décilitre de sang (g/dl) chez l’homme, à 12 g/dl chez la femme et à 11 g/dl chez la femme enceinte », indique le docteur Nathaniel Scher, oncologue et radiothérapeute, directeur médical adjoint du Centre de radiochirurgie Paris Nord (hôpital Lariboisière). On la détecte alors en réalisant une simple prise de sang, ce qui permet aussi de déterminer son niveau de gravité.
Un signe qui doit alerter
Mais, « L’anémie n’est pas une maladie en elle-même, elle est un symptôme et un signe d’alarme biologique », prévient le spécialiste. Ses causes sont en effet multiples. « Elle peut être due à des maladies chroniques comme les cancers ou des pathologies auto-immunes, inflammatoires ou rénales, explique-t-il. Dans ces cas-là, le fer, qui est indispensable à la fabrication de l’hémoglobine, est soit insuffisant, soit présent mais mal utilisé. »
Des carences peuvent par ailleurs intervenir. « Le manque de fer donc, mais aussi de vitamines B12 et B9 (ou folates), qui affecte la fabrication des globules rouges, est à même de provoquer une anémie », ajoute-t-il.
Enfin, un défaut de production de la moelle osseuse et certaines maladies génétiques peuvent également en être à l’origine.
S’intéresser avant tout à la cause
Côté prise en charge, « Il faut tout d’abord traiter la cause de l’anémie, notamment quand elle est liée à une maladie », considère le docteur Scher. La prise en charge est alors adaptée à chaque cas. Par ailleurs, quand l’anémie provient d’une carence, une supplémentation en vitamines ou en fer est prescrite soit sous la forme de médicaments (par voie orale ou par perfusion), soit sous la forme de compléments alimentaires vendus en pharmacie. Attention, « Il faut éviter l’automédication, rappelle l’oncologue. Seul un médecin pourra déterminer la cause de l’anémie et donc proposer le traitement adapté. ». Dans les cas les plus graves, lorsque le taux d’hémoglobine est en dessous de 8 g/dl, une transfusion sanguine est envisagée pour rétablir rapidement la situation.
Couvrir ses besoins en vitamines et en fer
Enfin, pour prévenir l’anémie, adopter une alimentation équilibrée est capital. « Celle-là ne l’empêchera pas de survenir, mais elle garantit de bons apports en vitamines et en fer et limite ainsi le risque de carences », tient à préciser Nathaniel Scher. Concrètement, optez pour une nourriture variée. La viande, les œufs et les produits laitiers constituent de bonnes sources de vitamine B12, tandis que les choux de Bruxelles, les brocolis, les asperges ou encore les petits pois apportent de la vitamine B9. Le boudin noir, le foie, les lentilles, la viande rouge, les fruits de mer, les fruits secs et, dans une moindre mesure, le lait de vache sont des aliments riches en fer. Et pour mieux absorber ce dernier, vous pouvez consommer en même temps de la vitamine C, que l’on trouve dans les agrumes ou le persil notamment.
Autant de bonnes raisons de prendre soin de son alimentation, et par là même, de sa santé.




Une sensation de fatigue qui dure, un essoufflement, une pâleur… ces signes peuvent cacher une anémie. Décryptage d’un mal qui touche 20 % à 25 % de la population dans le monde, à différents degrés, et des solutions pour en venir à bout.
L’anémie est définie par un taux anormalement bas d’hémoglobine dans le sang. Cette protéine est présente dans les globules rouges et leur permet de transporter l’oxygène vers tous les organes du corps. Quand elle vient à manquer, elle provoque petit à petit une fatigue persistante, un essoufflement à l’effort (dyspnée), un teint pâle, des palpitations, des maux de tête, des vertiges… Ces manifestations ne doivent pas être ignorées. Mieux vaut alors consulter son médecin traitant.